lundi 21 avril 2008

Lady Jane

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Robert Guédiguian.
Avec Gérard Meylan, Ariane Ascaride, Yann Tregouët, Jean-Pierre Darroussin.
Genre : Policier - Durée : 1h42.

A l'époque où les Rolling Stones chantaient "Lady Jane", Muriel, François et René, amis d'enfance, nés dans les ruelles populaires de Marseille distribuaient des fourrures volées à toutes les ouvrières de leur quartier. Ils cessèrent leurs cambriolages après avoir tué un bijoutier dans un parking et, pour se faire oublier, ne se virent plus jusqu'au jour où le fils de Muriel est enlevé... La bande se reforme alors pour réunir l'argent de la rançon.
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Polar psychologique, elliptique et violent, à la fois lent et fulgurant, sombre surtout.
Tout le cours du film, Ariane, Jean-Pierre et Gérard portent masque, hiératiques dans leurs malheurs. Impressionnant de voir comment Guédiguian arrive à faire suinter l'émotion au travers de visages aussi figés, expressifs à force de ne rien dire, pétrifiés par le botox de la tragédie. Alternance de passages intimistes et de dialogues éclatants, de coups de feu tragiques et de scènes de vie quotidienne, Robert filme son scénario de main de maitre, tout en sobriété, images prenantes de crises profondes, histoires de non-dits, secrets chuchotés et sursauts de balles meurtrières.
Personnes et lieux sont ceux du mythe guédiguian de toujours, cette fois-ci couleur café bien serré. La légèreté habituelle fait place à la pesanteur d'un vrai drame, au questionnement insoluble sur le but de la vie, sur les regrets de ne pas avoir su l'atteindre, de ne pas avoir vu lorsqu'il est atteint. Les personnages se cherchent encore et toujours en dépit d'un passé que l'on sent "riche", se font rattraper par ce passé, misérables moucherons engluées dans la toile d'araignée du destin. Malgré un semblant de "résolution" un peu brouillon, version formatée polar traditionnel, le film se termine énigmatique, laissant les héros à leur pathétique devenir et à leur détresse.
Un film qui marque, dans la droite ligne de ce que sait faire son réalisateur, mais pas forcément "grand public" car il nécessite un abord "second degré" et ne donne pas dans la franche rigolade...
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Voir aussi :... AlloCiné.

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