samedi 12 avril 2008

Mongol

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Sergueï Bodrov.
Avec Tadanobu Asano, Khulan Chuluun, Amadu Mamadakov, Odnyam Odsuren, Bayertsetseg Erdenebat.

Genre : Biographie - Durée : 2h00.
L'incroyable destinée de Gengis Khan. De son vrai nom Temudgin, ce légendaire chef des forces armées mongoles fut l'un des plus grands conquérants de l'histoire de l'humanité. Entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, il réussit à unir les tribus mongoles et créa un empire colossal comparable en taille à celui d'Alexandre le Grand.
Mongol a été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film étranger. II représentait le Kazakshtan.
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La forme : Film au rythme plutôt lent et profond, ancré dans les magnifiques plaines de Mongolie, dopé par des scènes de combat paroxystiques. Le cinéaste privilégie une succession de scènes entrecoupée d'ellipses plutôt qu'une narration continue dans le temps, c'est un parti pris cinématographique qui fait de ce film une "fiction" plutôt qu'un "documentaire". La caméra est mobile juste comme il faut, elle capte les couleurs, les lumières et la grandeur des paysages pour le plaisir des yeux. Elle fait ressentir la fierté de Temüdjin d'être Mongol. Les décors et costumes sonnent juste, seule la scène de ville fait un peu trop "moderne" pour un XIIIème siècle. Les personnages sont "vrais", tels qu'on peut les imaginer. Difficulté pour nos cerveaux occidentaux, la reconnaissance des visages mongols n'est pas optimale et les rend tous plus ou moins semblables, et comme les acteurs sont nombreux... Heureusement Temüdjin et Börte sont parfaitement reconnaissables, vrais héros de cette épopée. Dernier regret, le film est parfois "dur et froid" comme le peuple mongol et manque donc un peu "d'âme".
Le fond : Premier volet de ce qui devrait être une trilogie, l'époque "Gengis Khan" n'y est pas abordée, uniquement la jeunesse de Temüdjin. On peut reprocher au film de montrer ce dernier avec une personnalité "humaniste" de laquelle ont été gommés les traits de cruauté légendairement reconnus à Gengis Khan. De plus son talent politique n'apparait pas vraiment, pas plus que son sens la stratégie, il est présenté comme indestructible mais un peu "trop" sans raison et cela nuit au réalisme. Globalement la présentation de la vie de Temüdjin est conforme à la réalité historique connue, toutefois la période d'esclavage et de captivité chez un roitelet Tangut n'a pas de vrai fondement et reste du domaine du cinéma. Mais il est vrai que la vie de Gengis Khan avant sa période conquérante est assez énigmatique.
En résumé, une fiction quasi documentaire filmée avec un parti pris romancé qui ne se cache pas et un certain talent cinématographique.
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vendredi 11 avril 2008

The Eye

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****

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Synopsis :Réalisé par Xavier Palud.
Avec Rachel Ticotin, Rade Serbedzija, Alessandro Nivola, Parker Posey, Jessica Alba.
Genre : Épouvante, Fantastique - Durée : 1h37.
Aveugle depuis un événement dramatique remontant à sa petite enfance, la violoniste de concert Sydney Wells subit une double greffe de cornée, une opération qu'elle attendait avec impatience depuis de nombreuses années. Avec l'aide de son médecin et de sa grande soeur, la jeune musicienne réapprend tranquillement à voir. Mais bientôt, Sydney perçoit avec ses nouveaux yeux des entités fantomatiques étranges et terrifiantes. Elle se convainc alors que l'anonyme donneuse d'organes lui a indirectement ouvert la porte d'un effroyable univers parallèle.
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Classique, très classique, trop classique. Encore un film pour "amateurs du genre", qui réarme les ressorts de l'épouvante sans les renouveler. Co-réalisateurs d'un film lent à l'atmosphère angoissante, strié de visions éclatées, Moreau et Palud reprennent les nombreux poncifs du fantastique avec une application soignée mais sans aucune originalité pour se démarquer. Leurs fantômes sont effrayants mais sans la "profondeur" de ceux d'un film comme "Ghost". L'histoire est linéaire, avec une résolution progressive de "l'énigme" et un paroxysme final, mais ce n'est pas suffisant. Quelques invraissemblances du scénario et une référence peu aboutie à des notions discutables comme celle de "mémoire cellulaire" nuisent également à la portée du film et, malgré son budget, le font s'apparenter à une "série B".
Sinon, c'est toujours un plaisir de voir la plastique de Jessica, même en aveugle. Toutefois son jeu reste limité à ce qu'on lui demande ; se montrer et montrer la peur. C'est un peu limite pour faire passer une émotion vraie. Son nouveau "pouvoir", son don de double vue, n'est que source d'angoisse et ne s'inscrit pas vraiment dans l'histoire d'un personnage à la psychologie rudimentaire.
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Disco

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Fabien Onteniente.
Avec Isabelle Nanty, Samuel Le Bihan, Franck Dubosc, Gérard Depardieu, Emmanuelle Béart.
Genre : Comédie - Durée : 1h43.
Endetté jusqu'au cou dans une affaire de water bed, Didier Travolta, 40 ans, vit au Havre dans le quartier populaire du Grand Large chez sa maman : Madame Graindorge.Il reçoit une lettre de la mère de son fils Brian, 8 ans qui vit en Angleterre, lui signifiant qu'il ne pourra pas recevoir le petit cette année s'il n'est pas capable de lui payer des vacances, des vraies vacances c'est-à-dire hors des Docks, des PMU et des grandes surfaces. Didier Travolta est désespéré.Miracle. Jean-François Jackson, associé à "La Baronne", vient de réouvrir le mythique Gin Fizz, et de fonder la "Gin Fizz Academy" afin de relancer ce qui fit sa légende, les concours de danse Disco.Le premier prix est un voyage de deux semaines pour deux personnes au pays des kangourous en Australie. Pour retrouver son fils et lui offrir des vacances, Didier Travolta décide alors de rechausser les boots et de reformer son trio de danse, celui qui faisait mal dans les années 80 dans la région : les Bee Kings.Après avoir retrouvé et décidé ses anciens partenaires, Neuneuil, maintenant vendeur chez Darty et Walter, grutier-docker et syndicaliste, de reprendre pour la bonne cause le chemin du Dance Floor, Didier Travolta se lance à fond dans l'aventure. Mais les années ont passé. Les Bee Kings sont rouillés. Son passeport pour le succès s'appelle France Navarre, de retour de New York, professeur de danse classique.
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Dubosc joue un peu plus dans la retenue que d'habitude et cela lui va mieux. Son éternel sourire aux lèvres lui donne parfois une "tête à claque" mais son personnage de looser pathétique est cette fois-ci tout de fragilité retenue malgré son côté toujours "grande gueule" et l'on comprend mieux la relation qui l'unit à Emmanuelle.
Côté cinématographique le film souffre toutefois d'aborder de nombreux sujets de façon un peu foutraque ; La danse, la psychologie, les luttes syndicales, les relations hommes-femmes ou celles riches-pauvres, la "beaufitude" et la ringardise, le monde de la nuit, le consumérisme et la télévision, la vie d'un port, etc. etc. Le tout filmé honnêtement mais sans génie. Heureusement les acteurs arrivent à porter tant bien que mal tout ce "monde" et le film garde une cohérence globale. Film au premier degré très "grand public" pour ne pas dire "populaire", et au second degré quelque peu caché par ce premier degré... Dommage, il ne manque pas grand chose, le style peu compliqué d'Onteniente est adapté au sujet.
Reste le Disco, sujet de film. La musique enchantera les amateurs du style, les chorégraphies sont au rendez-vous ; l'art de faire un "spectacle de patronnage" réaliste sans en avoir l'air. Effectivement pas de spectacle de danse transcendant mais une prestation des acteurs très honnête. On comprend que de la sueur a du couler, même "ringard" un spectacle de danse reste une performance physique et demande un minimum d'inspiration. Le film tourne autour d'amateurs de talent et nous voyons des amateurs de talent, ce n'est pas toujours facile à rendre...
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Voir aussi :... AlloCiné.

dimanche 6 avril 2008

Doomsday

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Neil Marshall.
Avec Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddig, Malcolm Mcdowell, Rhona Mitra.
Genre : Action - Durée : 1h45.
Un terrible virus annihile 90 % des habitants en Ecosse. Pour endiguer l'épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable. L'Ecosse est désormais un no man's land barbare et violent où les survivants sont coupés du monde.Lorsque 30 ans plus tard, le même virus réapparaît au coeur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Ecosse contrôlée par des gangs rivaux...
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Pour les amateurs du genre qui apprécieront, les autres s'abstenir.
Quel genre ? le genre Mad Max et autres New York 1997 dont il reprend les canons anarchiques, version féminine et version dernier avatar côté violence (+12 ans justifié). Nous revoilà plus de 20 ans en arrière, y compris pour la bande-son. Inutile de chercher un scénario, inutile de relever incohérences, inconsistances ou invraisemblances, tout est dans l'action.
Le décor est plus moyenâgeux kitsch que futuriste, quelques détails veulent donner dans l'originalité comme l'oeil amovible mais c'est du plaqué. Le sujet ; un monde futur décimé par un virus, n'est qu'un prétexte pour mettre en valeur l'héroïne, tout à fait regardable d'ailleurs.
Un cinéma "old fashion" qui n'a rien à voir avec les derniers films sur un sujet similaire comme 28 semaines plus tard ou Je suis une légende.
Rhona parcoure le film sans faiblir, toujours très propre sur elle et très glamour, elle enchaîne les rôles typés à la Lara Croft et le fait bien, ne pas en demander plus.
Du pur, du dur, du rétro dopé à l'hémoglobine, du jubilatoire pour certains, les autres passeront leur chemin.
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Voir aussi : AlloCiné, A voir-à Lire.

Deux soeurs pour un roi

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Justin Chadwick.
Avec Eric Bana, Jim Sturgess, Kristin Scott Thomas, Natalie Portman, Scarlett Johansson.
Genre : Drame - Durée : 01h55.
Quand la rumeur se répand que le roi Henry VIII ne partage plus la couche de la reine Catherine, son épouse incapable de lui donner un héritier mâle, Sir Thomas Boleyn rêve de gagner la faveur royale grâce à sa fille aînée, Anne.L'ambitieux projet de Sir Thomas est cependant quelque peu contrarié quand le roi s'éprend de son autre fille, Mary.
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Sélection Officielle - Hors Compétition au Festival de Berlin 2008.
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Un grand film en costume porté par deux actrices magnifiques, une caméra qui sait se faire oublier, des couleurs vives mais qui collent à l'époque avec des tonalités rouges savamment distillées, une maîtrise des éclairages et des portraits, bref, un film a gros budget avec un réalisateur qui a su se faire entourer. Et pourtant...
Il y a un hic, les moyens et la maitrise formelle ne suffisent pas ; dans "7ème art" il y a "art", il y a talent sinon génie. La personnalité du réalisateur, ou à défaut de quelqu'un d'autre, doit transparaitre, un film doit avoir une âme, quelle qu'elle soit. Ici, pas de souffle, pas d'originalité, juste un travail bien fait.
Si l'on considère que le film se base sur quelques personnages clés, notamment sur les deux soeurs, comme nous ne sommes pas dans un James Bond ni dans un film d'épouvante ou érotique, on s'attend à un minimum de "psychologie", si le film n'est pas historique qu'il soit au moins "romancé" (film d'après une fiction historique de Philippa Gregory). Hélas Natalie et Scarlett on beau exprimer à merveille les sentiments qu'on leur demande de jouer, on a du mal à s'émouvoir ou s'indigner. La partie "historique" très présente gomme l'impact du sujet et rend les personnages caricaturaux, au point que Henri VIII passe pour un être volage sans personnalité, manipulé en permanence.
Ce film censément historique (il traite la période de 1520 à 1536) pourrait nous donner une vision de ce début du XVIème siècle, il nous embrouille cependant et laisse croire, par exemple, que l'anglicanisme a pour origine une sombre histoire de coeur. Le fait d'avoir personnalisé l'Histoire au travers de quelques héros nous montre un monde d'orgueils ambitieux, de passions déraisonnées, tout aspect politique totalement effacé par les manigances de quelques protagonistes détestables, le King en premier.
Signalons quand même qu'Henry VIII était réputé pour son intelligence bélliqueuse et dénuée de tout scrupule. Il a eu six épouses et de nombreuses maitresses.
Contrairement à ce que laisse penser un court texte en fin de film, il a eu un héritier mâle de Jeanne Seymour ; Edouard VI qui lui succéda et régna de 1547 à 1553.
Elisabeth Ire, la fille d'Anne Boleyn, ne monta sur le trône qu'en 1558. Par ailleurs Anne Boleyn a vécu sur le continent de 1514 à 1521, mais certainement pas en "exil". Et elle n'était pas là lors de la première rencontre du roi avec Mary.
Quant à Mary c'était probablement l'ainée et elle était fâchée avec sa soeur. Mary aurait aussi été la maitresse de François Ier avant d'être celle d'Henry VIII, et la paternité attribuée au roi pour son fils n'est qu'hypothétique.
Donc, un film formellement réussi mais qui se limite à une psychologie de bazar plaquée sur un contexte pseudo-historique parsemé d'erreurs.
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Voir aussi :...AlloCiné.