samedi 26 avril 2008

Funny Games U.S.

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
.
Synopsis :
Réalisé par Michael Haneke.
Avec Boyd Gaines, Michael Pitt, Brady Corbet, Naomi Watts, Tim Roth.
Genre : Drame - Durée : 1h51.
Ann, George et leur fils Georgie sont en route vers leur résidence secondaire pour y passer l'été. Leurs voisins, Fred et Eva, sont déjà arrivés et ils décident de se retrouver tous le lendemain matin pour une partie de golf. Tandis que son mari et son fils s'affairent sur leur voilier récemment remis en état, Ann commence à préparer le dîner. Tout à coup, elle se trouve face à face avec un jeune homme extrêmement poli, Peter, un des invités de ses voisins, venu, à la demande d'Eva, lui emprunter quelques oeufs. Ann s'apprête à les lui donner quand soudain, elle hésite. Comment Peter est-il entré dans leur propriété ? Les choses prennent vite un tour étrange et débouchent sur une explosion de violence.
Remake "exact" du film Funny Games de Michael Haneke sorti le 14/01/1998.
Interdit aux moins de 16 ans.
.
Glacial, horrible, Michael Haneke réussit le tour de force de rendre une atmosphère particulièrement terrifiante sans jamais filmer directement la moindre violence ; on devine qu'elle va se produire, on sait quand elle se produit, on éprouve son terrible résultat, mais sans jamais la voir directement, uniquement en la vivant au travers de ceux qui en souffre. Le film diffuse très vite une sensation de malaise profond, des évènements apparemment anodins ont juste le petit décalage nécessaire, mélange de scènes de vie quotidienne et de fragments de discours "surréalistes", de dialogues quelconques et d'explosions de violence improbables. La mécanique s'enchaîne implacable et l'on assiste impuissant à la lente destruction de la famille d'Ann et George. Image et décors sont admirables, mais les acteurs suintent très vite de terreur. Quelques pointes d'une violence paroxystique mais régulière jouent le rôle du cliquet qui empêche tout retour en arrière.
Curiosités qui permettent de relâcher un peu de pression, Paul le tortionnaire s'adresse quelques fois directement au public tandis que Peter joue le rôle de souffre-douleur. Le cinéaste, véritable démon maître du jeu, montre sa toute puissance au travers du clin d'oeil d'un "retour arrière" magnétoscopique, suggère ce qu'aurait pu être un semblant de "politiquement correct" mais se refuse à emprunter cette voie là et continue son oeuvre d'anéantissement sans pitié. On ressort hanté par la vision de ces deux bourreaux aux visages d'anges, tout de blanc vêtus, gantés de blanc. Les codes des couleurs et les symboles habituels sont explosés, faux détails et fausses pistes émaillent le film pour mieux faire ressortir l'inexorable chemin emprunté par les protagonistes. Jeu pas drôle, un vrai film d'épouvante à déconseiller aux âmes sensibles. Réalisme physique et psychologique laissent imaginer ce que peut être un sale destin, comment la folie gratuite d'hommes peut en détruire d'autres. Reste un grand questionnement sur la nature humaine concocté par un cinéaste hors pair...
.
Voir aussi :... AlloCiné.

Aucun commentaire: