dimanche 5 octobre 2008

Harcelés

Le point de vue du "Cinéphile" : ***** *****
L'amateur de "Grand Spectacle" : ***** *****
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Synopsis :
Réalisé par Neil LaBute
Avec Samuel L. Jackson, Kerry Washington, Patrick Wilson Plus...
Film américain. Genre : Drame, Thriller
Durée : 1h 51min. Année de production : 2007
Titre original : Lakeview Terrace.
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Pour Chris et Lisa, emménager dans leur maison de Lakeview Terrace est un rêve devenu réalité. Pourtant, rapidement, les deux jeunes gens deviennent la cible de leur voisin, qui désapprouve leur relation interraciale. Cet homme strict et austère, père célibataire et policier, s'est autoproclamé responsable de la sécurité du quartier. Si ses patrouilles nocturnes et sa surveillance constante procurent un sentiment de sécurité à certains, il se montre de plus en plus oppressant envers le jeune couple, allant jusqu'à les harceler chez eux. Lorsque Chris et Lisa décident de riposter, ils déclenchent une spirale infernale que plus personne ne pourra arrêter...
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Bof ? Un peu difficile à classer, socio-drama-polar psycho avec du bon et du mauvais...
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Le mauvais d'abord :
Indépendamment de son côté "thriller", ce film met mal à l'aise. Pourquoi ?
Probablement parce que c'est un enchainement de scènes conflictuelles. Pas un moment où les personnages ne finissent par s'engueuler, à tort ou à raison. Pas de répit pour le spectateur, pas moyen de reprendre son souffle. Ce n'est plus du cinéma, c'est un catalogue de disputes.
De plus les dialogues ont un côté "indigent", trop vie courante et pas assez cinéma. On ne parlera pas d'un brillant scénario, au moins formellement parlant. L'enchaînement des scènes est un peu décousu, la musique parfois agressive ou trop présente, un peu décalée, la mise en scène est très ordinaire, trop peu d'humour et pas d'émotion véritable. Rien de bien transcendant d'un point de vue cinématographique, une oeuvre globalement peu plaisante quand on aime pas...
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Le bon côté ensuite :
La prestation de Samuel vaut le déplacement. Il commence fort, comme méga tête à claque, puis progressivement il évolue d'un personnage déplaisant à un autre infiniment plus malfaisant. Redoutable, il ne fait rien pour se racheter, c'en est impressionnant.
Le côté "plat" des dialogues apporte au fond une vérité, un naturel, au film et lui donne sa force, le scénario est plus malin qu'il n'y parait et mène tout doucement vers le paroxysme final.
Et l'on peut trouver un côté "sociologique", la place des noirs dans la société américaine pour laquelle ce film nous donne effectivement quelques pistes : Un noir de condition moyenne peut vivre dans un beau quartier, les mariages "mixtes" sont fréquents, tous les métiers, toutes les classes sociales sont accessibles aux noirs, policier ou avocat, les truands sont plus des faux noirs que de vrais blancs, etc.
Cependant, alors qu'ils sont aujourd'hui "intégrés", ce film montre aussi qu'il reste une fracture vivace (caractéristique de ce côté là de l'Atlantique et qui touche tous les groupes ethniques). Les noirs ont tendance à se maintenir d'eux-même dans un "club" fermé ; Blacks, frères et soeurs quelle que soit leur condition sociale, Blacks avant tout, avec une culture Black spécifique et "interdite aux blancs" ! Le racisme blanc entraîne inéluctablement son alter-ego, le racisme noir, sujet apparent du film.
On retrouve bien cette structuration spécifique du pays ; un regroupement vertical par ethnie plus qu'un regroupement horizontal par classe sociale.
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Au final ce film est une vraie fenêtre sur la société américaine, le sujet principal, un flic noir qui pète les plombs, est au fond très secondaire... On y parle non seulement de la négritude mais aussi de l'éducation , de la propriété et de la vie de quartier, de la famille et des affres de la paternité, de nombreux sujets abordés comme si de rien n'était...
Toutefois c'est un film fort comme un café trop serré (un p'tit noir...), donc, on aime ou on aime pas, mais on en sort pas "indemne".
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Voir aussi :... AlloCiné.

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